Dans notre prière, nous nous souvenons de M. Henri Ordinaire, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 24 décembre 2007 à Plessis-Robinson, France, dans la 84e année de son âge et la 67e de sa profession religieuse.

M. Henri Ordinaire est né le 16 Mars 1924 à Montrond (Doubs). Il entre au postulat le 07.09.1957 à la Tour de Scay. Son noviciat se déroule du 04.11.1940 au 21.11.1941 à Antony. Il s’engagea définitivement par ses vœux perpétuels le 31.07.1947 à Fribourg en Suisse.

Après ses vœux définitifs il est nommé à la Villa Saint-Jean à Fribourg, où on lui confia la cave. Son séjour en Suisse se terminera en 1969 ou il est nommé à Antony Sainte Marie comme sacristain et caviste.

Que retiendra t-on de notre confrère Henri Ordinaire?

Il était le prototype du frère ouvrier, exemplaire dans sa catégorie. Issu de la campagne et surtout du Jura, il était doté du bon sens extra « ordinaire » qui le rendait particulièrement attachant et agréable de compagnie. Henri dans le cadre de son travail avait vécu des années nombreuses avec les suisses, les américains et pour terminer les parisiens. Il s’intégrait sans difficulté à chaque mode de vie  et aux cultures qui lui était proposées.

Son accent trahissait ses origines. Il venait du pays où les montagnes fraternisent avec les hauts plateaux, où les spacieuses pâtures sont bordées par les limites frontalières, où le climat compose volontiers avec les records de froid ou de chaud. Henri venait également d’un pays où le fromage se déguste au couteau s’agissant surtout du comté. Il bénéficiait d’une famille très proche et très porteuse. Sa famille l’entourait de toute son affection aussi aimait-il rejoindre les siens à chaque période de vacances.

Il aimait travailler à son rythme et en silence. C’était un homme de prière et sans doute dans une intimité qui n’apparaissait pas forcément au grand jour. Henri a exercé des fonctions de confiance pendant de longues années comme caviste, panetier et fleuriste.

Grand caviste il le fut. Toutes les générations de jeunes religieux l’ont apprécié à la Villa Saint Jean. Il savait rechercher des volontaires pour l’aider à embouteiller le vin qu’il commandait en Espagne. Plusieurs confrères pourraient donner un témoignage haut en couleur sur ce titre..

Sa deuxième activité connue c’est la distribution du pain aux élèves, bref sa fonction de « panetier. ». Cette responsabilité engendra chez lui des difficultés. Il ne supportait pas de voir le gâchis des lycéens sur le pain. Aussi dut-il démissionner de cette activité, logique avec lui-même.

Une autre fonction où il excella c’est l’entretien des fleurs et des plantes vertes. Il dialoguait avec ses fleurs et ses plantes dans les grands couloirs de Sainte-Marie et de Saint-Jean. Mais l’activité principale de se vie professionnelle a été d’être le sacristain de Fribourg et d’Antony depuis Octobre 1969. Que d’heures passées à la sacristie pour préparer les chapelles et les cérémonies faisant appel à de multiples habits sacerdotaux. Avec des kyrielles  d’enfants de chœur et parfois de nombreux prêtres. La sacristie était un lieu d’ordre et de silence. Henri méticuleux pour ses affaires faisait régner une certaine discipline dans les locaux appartenant à la chapelle. Les dégâts causés par les eaux en 2006 le rendirent malheureux. Cette fonction de sacristain où qu’il remplissait à temps complet, ne souffrait pas d’à peu près. Les équipes pastorales et liturgiques se laissaient bien guider par Henri qui les conseillait. La sacristie était son environnement et il veillait jalousement sur la mise en place des offices. Le service de l’autel était pour lui un service d’église proche d’une vocation diaconale.

Henri était un confrère aimé de tous ; il était malicieux et plein d’humour. Henri était aussi aux petits soins de ses confrères.  Depuis quelques années, la communauté l’invitait à faire une cure à Avène. Que de réflexions savoureuses de la part de ses confrères à la fin de chaque session de trois semaines.

Il était aussi un défenseur de la nature avec des réflexes écologiques.

Sa vie intime ne faisait aucun doute. Il vivait en permanence en compagnie de son Seigneur et de sa mère. Henri était simple… il a su conserver. Cette qualité malgré un environnement de professeurs.