Nous nous souvenons dans nos prières de M. Hermann Huber, de la communauté de Saint-Raphaël, Fribourg, décédé au service de la Très Sainte Vierge  le 10 mai 2008 à Fribourg, Suisse, dans la 91e année de son âge et la 71e de sa profession religieuse.

Hermann est né le 9 février 1918 à Laufenburg dans le canton d’Argovie comme septième et dernier enfant d’August et de Hedwige. Dans la ferme familiale – son père était paysan – il a appris tôt à travailler de ses mains. Après l’école secondaire, il a rencontré le marianiste Franz Häseli, professeur à l’Ecole normale des instituteurs de Sion, qui, durant les vacances, parcourait la Suisse allemande à la recherche de vocations, non sans succès. C’est ainsi que Hermann a été dirigé vers le postulat à Martigny, où, durant deux ans, il a appris le français et a consolidé sa vocation. Le 12 septembre 1937, il a fait sa première profession à Saint Remy-Signeulx, en Belgique. Chassé de Freistadt, Autriche, par l’invasion des troupes allemandes, Hermann a partagé deux ans entre le scolasticat à Sion et le service militaire, avant de réaliser son rêve de frère ouvrier à Grangeneuve, Middes, Greisinghof et Rome. C’est à l’administration générale où il soignait le grand jardin durant 18 ans qu’il se plaisait le plus. Après une étape de 4 ans comme jardinier à Martigny, il cultivait le jardin de Saint-Raphaël à Fribourg de 1986 jusqu’à sa mort avec un dévouement admirable, soutenu dans ce travail jusqu’en 2006 par son confrère Karl Greiner. La vente de notre propriété a été un coup dur pour lui. Le 8 mai 2008, après avoir travaillé au jardin, il s’est subitement affondré. Transporté d’urgence à l’hôpital, il y est mort après deux jours sans reprendre conscience, selon l’expression américaine «dying with your boots on», mourir «les bottes aux pieds».

M. Huber était un grand travailleur. Il avait un force de cheval. Il n’était pas loquace, mais il s’entretenait volontiers avec les clients qui venaient au jardin pour acheter de la salade et des légumes. Il faut croire qu’il réussissait bien, puisque la clientèle lui restait fidèle. Il faut aussi admettre que nos deux jardiniers pratiquaient des prix imbattables, et leurs légumes étaient d’une qualité supérieure. Nous autres á Fribourg, nous avons admiré notre frère jardinier, sans l’imiter, car nous n’aurions pas supporté son rythme de travail. Chaque jour, il notait soigneusement dans un cahier le travail qu’il avait fait et les caprices du temps.

Malgré son travail, il était régulier aux prières et à la messe quotidienne à la chapelle. Il savait arrêter le travail à temps pour être présent devant Dieu lorsque c’était l’heure de prier. M. Huber s’intéressait aux vocations. Lorsque nous revenions d’une session et que nous parlions avec enthousiasme des conférences, il disait: «Combien de vocations, votre session nous amènera-t-elle?» Evidemment, nous n’avions pas de réponse. Il est certainement plus facile de récolter des salades que de pêcher des vocations. Monsieur Huber n’était pas ami de longues discussions et des réunions communautaires. Il préférait la pratique à la théorie. Toutefois, il suivait la politique à travers la radio, les journaux et plus tard le téléjournal.

Monsieur Huber s’intéressait à notre mission. Il aurait bien aimé être parmi les pionniers au Togo et s’était proposé pour cela au provincial. Mais celui-ci a peut-être estimé sa présence plus importante à la ferme de Middes. M. Huber a accepté le verdict du provincial. Il voyait sa vie comme un service. Sur une feuille, il avait écrit en allemand: «Toute ma vie, j’ai rendu heureux d’autres et je n’ai pensé à moi qu’en dernier lieu. J’ai servi, ma récompense c’est la  paix.»

Cher Hermann! Tu nous as toujours donné l’exemple du travail et du don de soi. Nous te remercions pour ton engagement. Maintenant que tu es devenu notre intercesseur au ciel, tu pourrais bien faire quelque chose pour nous. Procure-nous quelques nouveaux marianistes. Merci d’avance!