La Congrégation de Bordeaux se distinguait des Congrégations d’autrefois par un certain nombre de traits originaux. C’était avant tout un mouvement à orientation apostolique.

Cette Congrégation ne voulait pas seulement développer la vie spirituelle de ses membres mais entreprit, sous les auspices de Marie et avec l’intention de partager sa mission apostolique, un grand nombre d’activités en vue de rechristianiser les structures sociales. En outre, à la différence de beaucoup d’anciennes congrégations, celle-ci était ouverte à tous. Elle combinait avec bonheur le rôle d’une ‘élite’, chargée de diriger l’ensemble et de servir de référence et de modèle, avec le souci du grand nombre, typique des mouvements de masse. De cette manière, pensait Chaminade, cette Congrégation présenterait le spectacle impressionnant d’un peuple de saints, du peuple de Dieu; elle formerait une authentique communauté chrétienne et montrerait comme un modèle réduit de l’Église.

Une des expressions favorites du père Chaminade en ce domaine était union sans confusion. Moyennant un système d’interdépendance très développé, toutes les classes, toutes les conditions sociales, tous les états de vie, des deux sexes, et beaucoup de bonnes œuvres coopérèrent, sous sa direction, comme des membres à part entière de la Congrégation – désormais «de la Madeleine». Les congréganistes ne donnaient pas seulement un remarquable témoignage de fois mais en outre, leur présence et leur exemple servaient à élever le niveau spirituel de la vie chrétienne dans les paroisses auxquelles ils appartenaient. Comme le dira plus tard le cardinal Donnet, archevêque de Bordeaux: à la tête de toutes les bonnes œuvres de son diocèse il trouvait le nom de Chaminade.