Il ne manque plus que la partie masculine de l’Institut: les religieux. Un jeune ouvre son cœur à G.-Joseph Chaminade.

 

Une année plus tard, le 1er mai 1817, Jean Lalanne, congréganiste de Bordeaux, d’abord attiré par la Compagnie de Jésus qui venait de se reconstituer, proposa ses services au père Chaminade pour l’accomplissement de son œuvre. Le 2 octobre, lui et plusieurs compagnons furent prêts à commencer une communauté religieuse sous la direction du père Chaminade. Cette nouvelle Société de Marie – ou Famille de Marie, comme Chaminade aurait préféré l’appeler – poussait comme une branche nouvelle sur l’arbre de la Congrégation. Celle-ci se reflétait dans les constitutions et dans l’apostolat de la nouvelle fondation: certains membres étaient des enseignants, d’autres ouvriers d’autres appartenaient au clergé, d’autres encore étaient commerçants; tous étaient animés par le désir d’accomplir la mission de Marie dans le monde.

 

Dans l’esprit du père Chaminade, les Filles de Marie et les Frères de Marie formaient un seul et même Institut parce qu’ils avaient un but commun, utilisaient les mêmes moyens, travaillaient selon les mêmes méthodes, étaient organisés de la même manière; ils avaient en outre un même supérieur général: le père Chaminade lui-même. Ces marianistes, femmes et hommes, allaient s’inspirer, comme Chaminade l’écrira au pape en 1838, de la Règle de saint Benoît, mais en l’adaptant autant que possible aux nécessités urgentes du monde contemporain. Les membres des deux Instituts allaient l’assister dans son rôle de Missionnaire apostolique en étant eux-mêmes, comme il ‘écrivit à Adèle «de petites missionnaires». Pas plus que la Congrégation, les deux communautés religieuses n’avaient pour objectif quelque œuvre apostolique particulière. À l’exemple des serviteurs de Cana, ils auraient à faire «tout ce que Jésus leur dirait».