L’article précédent vous aura peut-être permis de trouver l’une ou l’autre cause des vagabondages de votre esprit… Pourquoi et comment yremédier?

Pourquoi? ou les avantages de ce silence

  • On réalise mieux et plus paisiblement ce qu’on a à faire

    Par expérience, nous savons qu’en agissant distraitement, nous perdons beaucoup de temps et nous nous épuisons; par contre lorsque notre attention est bonne, nous agissons rapidement et sans tension.

    Cette habitude d’attention se répercute dans nos relations: l’attention à l’autre, à ce qu’il dit, à ce qu’il est, à ce qu’il ne dit pas ou ne veut pas dire est la base de l’écoute. À la longue, nous devenons capables d’empathie et non seulement de sympathie.

  • Il permet de garder le recueillement intérieur

    La tranquillité, la paix de l’esprit et du cœur s’établissent en nous et nous disposent à acquérir sagesse humaine et sagesse divine. Notre attention se fixe plus aisément sur Dieu soit au long du jour, soit au moment de la prière et dans l’oraison en particulier.

  • Il nous rend capable de vivre selon l’Esprit

    Comment l’Esprit Saint, la Parole de Dieu, pourraient-ils mettre leur empreinte dans nos façons de penser, de juger, de comprendre, si notre «esprit propre» tient toute la place? Nous savons que nos pensées ne sont pas celles de Dieu. Par le silence de l’esprit, les pensées de Dieu peuvent informer nos propres pensées. Certes, Dieu ne nous demande pas de ne plus penser par nous-mêmes, de ne plus juger, mais d’accorder nos pensées, nos jugements aux siens.

  • Il favorise la vie d’oraison

    Celle-ci ne se limite pas au temps précis de l’oraison, mais embrasse toute la journée. Les distractions dont nous nous plaignons tant au moment de l’oraison ne seraient-elles pas dues au fait que nous ne vivons pas en présence Dieu au long de nos occupations ordinaires?

  • Saint Jean de la Croix note: Une âme qui se laisse impressionner par tout ce qui se présente à l’esprit, devient instable: elle passe de la joie à la tristesse, de la haine à l’amour. Comment donc une âme occupée par une foule de connaissances peut-elle encore s’occuper de Dieu? (Montée du Carmel, Livre III, chapitres 2 à 4).

Comment pratiquer ce silence?

Nos Fondateurs nous préviennent: ce silence est difficile, mais il n’y a rien où l’on ne parvienne soutenu de la grâce de Dieu et d’une bonne volonté (Écrits de Direction I, n° 897).

  • S’exercer au contrôle cérébral

    Être tout entier à ce qu’on fait: si j’écris une lettre, ne pas penser en même temps aux emplettes de l’après-midi. Il est bon d’avoir de quoi écrire sous la main, ainsi on peut noter tout de suite ce qui nous passe par la tête et libérer ainsi notre esprit (même pendant l’oraison!) Si ce que je fais ne demande pas une attention particulière, travaux manuels par exemple, fixer mon esprit sur Dieu ou sur un sujet précis.

  • Vivre en présence de Dieu

    Nos Fondateurs ont fortement insisté sur la foi en la présence de Dieu, pratique préconisée par les plus grands maîtres spirituels. Acte de foi, vivre en la présence de la Trinité dans nos cœurs et dans le cœur des hommes et acte d’amour à l’égard de Dieu qui nous aime. Il n’attend pas de nous de longs discours, mais l’attention simple d’un cœur aimant. Seigneur, je crois, mais augmente ma foi!; Fais que je voie!… Lui présenter les intentions du monde, de l’Église, des proches, des inconnus que je croise dans la rue… Tout cela de manière détendue et familière.

  • Méditer sur les avantages du silence de l’esprit

    En particulier sur la liberté qu’il nous procure pour vivre sous la mouvance de l’Esprit à la manière de Jésus et de Marie.

  • Repérer ce qui occupe le plus notre esprit

    Un élément de plus pour mieux nous connaître. Sont-ce des jugements, des critiques sur tout, les autres, les événements? Serait-ce un retour constant sur le passé, les échecs, les fautes, qui engendre angoisse et inquiétude? ou alors les réussites, les qualités, réelles ou supposées, qui engendre orgueil et vanité? etc.

En fin de compte ne s’agit-il pas de libérer notre esprit du "moi" envahissant pour l’ouvrir au Christ et à son Esprit?

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La prochaine fois, nous conclurons la série des silences par le silence de l’imagination.