«Je prie l’Office chaque matin. J’aime prier avec les Psaumes. Je célèbre ensuite la messe. Et je prie le rosaire. Ce que je préfère vraiment, c’est l’adoration du soir, même quand je suis distrait, que je pense à autre chose, voire quand je m’assoupis dans ma prière. Entre sept et huit heures du soir, je me tiens devant le saint sacrement pour une heure d’adoration. Mais je prie aussi mentalement quand j’attends chez le dentiste ou à d’autres moments de la journée.

 

«La prière est toujours pour moi une prière « mémorieuse », pleine de mémoire, de souvenirs, la mémoire de mon histoire ou de ce que le Seigneur a fait dans son Église ou dans une paroisse particulière. C’est la mémoire dont saint Ignace parle dans la Première semaine des Exercices spirituels lors de la rencontre miséricordieuse du Christ crucifié. Je me demande: « Qu’ai-je fait pour le Christ? Qu’est-ce que je fais pour le Christ? Que dois-je faire pour le Christ ? » C’est la même mémoire dont il parle dans la Contemplatio ad amorem (Contemplation pour obtenir l’amour), lorsqu’il demande de faire revenir à la mémoire les biens reçus. Par-dessus tout, je sais que le Seigneur se souvient de moi. Je peux L’oublier, mais je sais que Lui, jamais. Jamais Il ne m’oublie. La mémoire fonde radicalement le cœur d’un jésuite: c’est la mémoire de la grâce, la mémoire dont il est question dans le Deutéronome, la mémoire des œuvres de Dieu qui sont au fondement de l’alliance entre Dieu et son peuple. C’est la mémoire qui me fait fils et c’est elle qui me fait aussi père.»

 

dans: Spadaro, sj; Le pape François, l’Eglise que j’espère
Editions Chmps essais, 2013, pp. 145-146.