Démon, diable, Satan, qui se cache derrière ces noms? Faut-il donc voir le diable partout?

Disons d’abord que ces noms nous ont été révélés par le Seigneur lui-même. Nous ne pouvons donc pas ignorer l’existence d’un être, mystérieux il est vrai, sous prétexte que nous serions plus évolués qu’à l’époque où les textes bibliques ont été écrits.

  • Satan signifie "celui qui s’oppose". Une force d’opposition à la réalisation du projet d’amour que Dieu a pour le monde et les hommes. Qui pourrait affirmer que cela n’existe pas?

  • Diable signifie "celui qui divise": toute force de division, d’écartèlement, que ce soit dans la vie intérieure ou dans la vie sociale, peut s’appeler diable. On est loin des représentations de diablotins aux pieds fourchus, aux cornes acérées et à la queue flamboyante!

  • Le démon ou plus souvent les démons désignent plutôt des êtres qui perturbent la vie humaine (démons sourds et muets, démons de l’épilepsie… des Évangiles).

Que nous soyons "tentés" est une évidence. Aussi nos Fondateurs ne se sont-ils pas attardés en de longues descriptions des tentations. Ils se sont attachés à donner des remèdes qu’ils situent dans le combat spirituel. Ces remèdes peuvent se réduire à la confiance qui se conjugue sur divers modes.

  1. Imiter le Christ dans ses tentations (Matthieu 4,1-11 et les parallèles). Il serait bon de les relire en réunion de Fraternité pour analyser, dans un premier temps, les tentations: de quel ordre sont-elles? à quelles tendances du cœur de l’homme font-elles appel? Puis de voir comment Jésus les repousse. Si le Christ, tout Dieu qu’il était, a accepté d’être tenté, c’est en vue de nous permettre de les vaincre comme Lui et avec Lui.

  2. Invoquer avec confiance et le Christ et l’Esprit. On peut utiliser la prière de Jésus: Jésus, Fils de Dieu, Sauveur, prends pitié de moi, pécheur. Invoquer le "nom de Jésus" qui est le seul nom qui nous soit donné pour être sauvé. Nous plonger dans le Christ victorieux et s’abandonner à Lui avec confiance pour permettre à la grâce victorieuse du Ressuscité d’agir en nous.

  3. Invoquer la Vierge Marie. Elle est victorieuse du mal, elle écrase la tête du serpent. Nos Fondateurs avaient une confiance totale en la Femme de l’Apocalypse qui est préservée de toute atteinte du mal et qui a reçu mission de mener le combat contre le dragon.

  4. Mener le combat spirituel, non en se crispant de manière volontariste, mais en revêtant les armes proposées par saint Paul dans sa lettre aux Ephésiens (6,10-17). Il serait bon de relire ce passage pour nous soutenir mutuellement dans le combat. Ce combat peut se traduire dans des décisions très concrètes:
  • poser des actes opposés à la tentation;

  • fuir tout simplement parce que nous nous sentons trop faibles;

  • découvrir ses tentations (celles qui nous assaillent régulièrement) à son confesseur ou à son accompagnateur.

Mais attention! Bien des chrétiens confondent tentation et péché! La tentation, même si elle est lancinante, si elle s’installe dans le cœur ou l’esprit, reste une tentation: tant qu’on n’a pas accepté et qu’on combat, il ne peut y avoir péché. Bien au contraire, la foi se fortifie, ainsi que la vertu.

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Ainsi s’achève l’exposé des obstacles extérieurs à notre conformité à Jésus Christ. Dans le prochain article, nous tâcherons d’apporter encore quelques lumières complémentaires sur le travail d’épuration.