Autrefois… maintenant

Il vous faut, renonçant à votre existence passée, vous dépouiller du vieil homme… il vous faut être renouvelés… et revêtir l’homme nouveau créé selon Dieu (Lettre aux Ephésiens 4,17 à 5,20).

La méditation en fraternité de ce passage de la lettre aux Ephésiens peut être une excellente introduction à cette étape de la consommation.

Achever de se dépouiller du vieil homme

La première vertu proposée: l’humilité

Il est une humilité naturelle qui consiste à s’estimer un peu moins que ce que nous sommes. L’humilité proposée ici va bien au-delà: elle consiste à être revêtu de l’humilité du Christ.

La véritable humilité ne peut s’acquérir qu’en se mettant sous le regard de Dieu. Avec ce regard de foi nous saurons reconnaître nos qualités, nos talents, nos charismes comme des dons de Dieu; avec Marie, nous pourrons dire: le Seigneur fit pour moi des merveilles ou avec le psalmiste: je confesse que je suis une vraie merveille, tes œuvres sont prodigieuses: oui, je le reconnais bien (138,14). Par ce regard de foi, nous pourrons reconnaître que tout ce que nous sommes et tout ce que nous avons vient de Dieu par l’intermédiaire des autres: parents, éducateurs, amis, Église… Le signe non équivoque de la véritable humilité est la joie d’avoir tout reçu, d’être redevable. Signe également de maturité humaine.

Sous ce regard de Dieu, avec le regard de foi, nous connaîtrons aussi nos défauts, nos misères, nos péchés. L’humble trouve sa vraie place, ni pire ni meilleur que les autres, car son point de comparaison, ce ne sont pas les autres, ce qu’ils pensent ou disent de lui, ce qu’ils font ou ne font pas, mais bien Jésus Christ et son humilité. Savoir que Dieu se sert d’un instrument imparfait permet de garder la paix du cœur. L’humble trouve sa joie aussi dans le fait d’être pauvre: ni aigreur, ni jalousie, ni dépréciation de soi ne viendront troubler son cœur.

En fait, l’humble se voit dans la vérité, c’est-à-dire à la lumière de l’Esprit Saint, ce qu’a fait la Vierge Marie dans son Magnificat; que ce soit au pied de la Croix ou au Cénacle avec les apôtres, elle reste l’humble servante du Seigneur.

Il faut savoir qu’insidieusement peut se glisser la fausse humilité qui, jointe à l’orgueil, mendie les applaudissements et ne s’occupe que de soi-même, quoiqu’elle dise le contraire; c’est un artifice de l’amour-propre qui s’abaisse pour qu’on le relève (Écrits de Direction I, 355).

L’humilité du Christ et de Marie

Arrivés à ce stade du chemin spirituel proposé par nos Fondateurs, il est important de contempler longuement le Christ et Marie. Personnellement et en Fraternité. Quels passages d’Évangile nous parlent-ils de cette humilité? Comment la caractériserions-nous? A quoi nous sentons-nous appelés concrètement pour vivre cette humilité?

Et nous prions pour que Marie nous forme intérieurement à l’image de son Fils, pour que l’Esprit nous conforme au Christ humble, lui qui manifeste l’humilité de Dieu.