Dans notre prière, nous nous souvenons de M. Jost Schranz, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 16 janvier 2004 à Zürich, Suisse, dans la 83e année de son âge et le 66e de sa profession religieuse.

 

Jost Schranz naquit le 15 octobre 1921 à Altdorf, dans le canton d’Uri, au coeur de la Suisse comme premier fils de Jost et de Franziska, née Indergand.  Après lui naîtront encore un garçon et une fille. Après avoir fréquenté l’école des garçons à Altdorf qui – en ce temps-là – était dans les mains des Marianistes, il fut recruté par le directeur Bernard Schumacher et dirigé vers le postulat de Martigny dès 1935. Deux ans plus tard, il entre au noviciat de St-Remy Signeulx qui avait comme Père-maître le P. Hilzendeger. Il y émet ses premiers voeux le 24 septembre 1938.

 

Après avoir fréquenté l’Ecole Normale de Sion et obtenu le diplôme d’enseignement pour le primaire,  il commence sa vie de maître d’école à Brig en 1941. Il prononça ses voeux perpétuels le 31 juillet 1943 à Fribourg. Devenu malade, il se soigne d’abord à Montana, puis passe un temps de convalescence à Martigny tout en étant préfet au postulat et professeur d’allemand au collège Ste-Marie. De 1946 à 1950, nous le retrouvons à Brig comme enseignant dans les classes de 5e et de 6e primaires. Après la mort de M. Bernard Schumacher en 1950, alors directeur de l’Ecole de garçons à Altdorf, M Schranz fut désigné par ses supérieurs à lui succéder. En tant qu’Oberlehrer il enseignait d’abord en 7e et 8e classe primaire. Ensuite il se préparait pour l’enseignement à l’Ecole secondaire. En 1959, après avoir obtenu à l’Université de Fribourg ce diplôme, il entra dans l’Ecole secondaire catholique à la Sumatrastrasse de Zurich fondée en 1949, et il y enseignait jusqu’à sa retraite en 1987. Même après cette dernière, il continuait à remplacer des collègues, à donner des cours d’anglais et des cours de rattrapage et à surveiller les élèves durant les récréations.

 

En été 2003, la communauté de la Sumatrastrasse a dû être abandonnée et les trois frères qui y vivaient se sont installés dans la communauté de Dietikon. M. Schranz se plaisait dans ce nouvel environnement, tout en continuant de se rendre régulièrement à Zurich pour y reprendre des services qu’il rendait à l’école de la Sumatrastrasse et à la paroisse Liebfrauen. Un petit accro de santé au mois de novembre suivant n’a rien laissé présager d’une mort aussi peu prévisible. Il est décédé très rapidement à la suite d’une pneumonie qui n’a pas été découverte et soignée à temps. Que Dieu et la Vierge Marie soient maintenant sa joie.

Pour la petite histoire : Comment M. Schranz a-t-il trouvé le chemin chez nous ? Il l’a raconté de la façon suivante. Le directeur Schumacher faisait partie de l’ancienne garde des maîtres d’école. Pour certaines fautes la bâton était prévu. Un jour, durant la récréation, Jost Schranz a fait quelque chose qui méritait une punition. M. Schumacher lui dit alors : Après la classe, tu viendras chez moi dans le «Urnerstübchen» (la chambre uranaise). C’est ainsi qu’il appelait le petit bureau où avaient lieu les punitions corporelles. Jost s’y est rendu avec une certaine peur. Quelle fut sa surprise, lorsque M. Schumacher lui demanda à la place des coups de bâton : «As-tu déjà pensé à devenir marianiste ?» Inutile de dire que ce jour-là, Jost n’a pas reçu de punition.

 

M. Jost Schranz avait une âme d’enseignant. Durant ses longues années à l’Ecole secondaire, il enseignait surtout les mathématiques et les langues. Il se sentait à l’aise au milieu des élèves. Il donnait ses cours avec enthousiasme et un grand savoir faire. Il savait intéresser les jeunes. Avec un brin d’humour il savait lier une autorité naturelle

 

M. Schranz était doué pour les langues. Outre le français, il apprenait l’italien, puis l’anglais. Plusieurs années de suite, il passait ses vacances d’été en Angleterre pour y perfectionner la langue qui avait sa prédilection. Inutile de dire qu’il mettait beaucoup d’entrain dans les cours d’anglais qu’il donnait à l’Ecole secondaire libre de Zürich et à des personnes qui cherchaient de se familiariser avec cette langue. Même après sa retraite, il continuait de donner des leçons privées.

Durant toute sa vie, il a continué de se former. Il profitait de ses vacances pour prendre des cours. Par ailleurs, il aimait lire des livres, entendre des conférences et des concerts, voir des films intéressants.

M. Schranz prenait soin de sa santé. Pour rester en bonne forme, il s’adonnait aux sports: le vélo, le ski, la marche, il aimait à faire de grandes randonnées en montagne avec des confrères et des amis.

 

Sans s’extérioriser, notre confrère était profondément religieux. Il cherchait Dieu. Il aimait présider les Laudes et le Vêpres en communauté et durant les retraites en utilisant des mélodies adaptées pour la psalmodie. Durant de longues années, il présidait la prière du chapelet à l’Eglise paroissiale de Liebfrauen et il y exerçait l’office de lecteur.

 

M. Jost Schranz a maintenant franchi les portes de l’éternité. Certainement Marie l’y a accueilli selon le mot qui est écrit sur la pierre tombale des marianistes à Sion : «Ils se sont donnés à moi pour la vie ; je serai leur joie dans l’éternité».

Jost Schranz